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PROF EN CAMPAGNE

Samedi 12 juillet 2008


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Chères amies, chers amis,

Le 27 juin dernier, je n'ai pas été victime d'un cambriolage, j'ai été l'objet d'une volonté délibérée de déstabilisation. Et ce, à la veille d’un discours politique important, où je mettais en cause la mainmise du clan Sarkozy sur la France.

Ce ne sont pas des voleurs qui sont venus à mon domicile : on ne m'a même pas volé une boucle d’oreille ! La police elle-même a déclaré mercredi 11 juillet qu’il s’agissait d’une « mise à sac ».

Il fallait que les visiteurs sachent à quelle heure précise j'allais rentrer à mon domicile, à quelle heure précise il n'y avait personne dans l'appartement. C'est un travail de professionnel, maîtrisé, organisé.

Les « visiteurs » ont fouillé mon domicile. Ils ont trouvé la précédente plainte que j'avais déposée. Ils l'ont déchirée et ils l'ont laissée bien en évidence sur un meuble. C’est une mise en scène préméditée.

C'est la troisième fois que mon domicile est visité. La première c'était en août 2006, déjà à la veille d'un discours important, drôle de coïncidence.

Alors, je vous le dis, ce n'est pas d’une affaire personnelle dont je vous parle. C'est une affaire politique d'une extrême gravité.
C’est un scandale dans une démocratie comme la France. Dans une démocratie on ne peut pas accepter cela, on ne peut pas le passer sous silence. De même, on ne peut pas accepter que d’autres responsables politiques - comme Olivier Besancenot - aient fait l’objet d’une surveillance. Le climat est lourd dans notre démocratie.

Volonté délibérée de déstabilisation mais volonté de qui ?

J’ai dit qu’il y avait une drôle de coïncidence, que l’on visite mon domicile à la veille d’un discours politique important. Deux choses me paraissent scandaleuses : d'abord la passivité des autorités de l’Etat, ensuite les insultes du Premier ministre et de l’UMP.

La passivité de l’Etat a été injustifiable. Vous connaissez un pays démocratique dans lequel le domicile d’un responsable de l’opposition est mis à sac trois fois ? Cela fait quinze jours que le pouvoir est parfaitement au courant de ce qui s'est passé. La police est venue et a fait un travail admirable ; le Procureur est resté jusqu'à 3 heures du matin. Le ministère de la Justice et le pouvoir sont donc parfaitement au courant. Et il y a eu des articles de presse dès le lendemain des faits.

Or que se passe-t-il ? Même pas une réaction officielle, même pas un coup de téléphone, rien. Tout se passe comme si on voulait nier ce qui s'est passé. Comme si c'était sans importance et sans gravité. Dans n'importe quelle démocratie, le pouvoir aurait condamné cette mise à sac avec force.

En moins de deux ans, il y a eu six violations de domiciles, concernant des membres de mon équipe ou moi-même. Jamais les coupables n’ont été arrêtés.

Et puis la deuxième chose qui me scandalise, c'est la réaction de la droite à mes propos. Il n’y a pas eu un seul responsable de droite pour reconnaître la gravité de cette affaire. Ils ont voulu me déstabiliser pour me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus. Ils n’y parviendront pas.

En ce qui concerne les révélations sur les empreintes digitales d’une jeune femme retrouvées chez moi, lors de la « visite » de mon appartement en 2006, je vous renvoie au communiqué de Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’avenir, que vous trouverez ci-dessous.

Sachez qu’on ne m’arrêtera pas. Je continuerai avec vous, et avec d’autres, à dénoncer la mainmise du clan Sarkozy sur tous les pouvoirs. On ne fera pas taire la gauche. Croyez-moi.

À très bientôt,

Ségolène Royal

                                     __________________________________________

Communiqué de Maître Jean-Pierre Mignard,
avocat à la Cour d’Appel de Paris

« Informé par les seules agences de presse de récents développements dans l'enquête sur la mise à sac de l'appartement de Madame Royal, j'ai repris contact avec le Procureur de la République de Nanterre, Monsieur Philippe Courroye.

Il m'a confirmé que des empreintes digitales d'une jeune femme d'un pays des Balkans correspondraient à celles retrouvées dans le domicile de Madame Royal lors de la visite avec effraction de 2006.

Une nouvelle technique appropriée aurait permis maintenant ce qui n'était pas possible hier : procéder à une comparaison approfondie des empreintes.

Nous faisons à cela les observations suivantes :

- la protestation de Madame Royal aura déjà et au moins servi à la réouverture de son dossier classé. Sans cela cette première infraction serait définitivement tombée dans l'oubli. On peut s'en étonner, s'agissant quand même d'une visite avec effraction commise dans des circonstances troublantes au domicile d'une candidate à l'élection présidentielle.

- la personne suspectée serait notoirement connue des services de police pour avoir écumé les appartements de la Région parisienne.

- aucun vol n'a été commis chez Madame Royal lors de cette visite. Même une montre qui avait disparu lors de l'intrusion dans l'appartement a été retrouvée et aucune déclaration de vol à l'assurance n'a été déposée.

- la suspecte, présentée comme délinquante d'habitude, « rompue au cambriolage de droit commun », aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité. C'est assurément une originalité.

J'ai demandé à Monsieur le Procureur de la République d'être dorénavant la seule personne autorisée à communiquer dans ce dossier, le cabinet de Monsieur le Président de la République, n'étant pas en charge de l'enquête préliminaire. »

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Samedi 12 juillet 2008


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Voici donc venu le temps de la curée. Ségolène Royal victime de troublants cambriolages se trouve aujourd’hui clouée au pilori pour avoir osé suspecter une tentative d’intimidation. Sans tomber dans la paranoïa, ceux qui aujourd’hui raillent l’ex-candidate jouent opportunément les candides. La politique, ce n’est pas un milieu pour enfants en culottes courtes. Les coups, des plus tordus aux plus extrêmes, y sont fréquents. Les hasards, jamais naturels.

Ainsi donc Ségolène Royal ne pourrait être au mieux qu’une gaffeuse, au pire une hystérique. Le déchaînement de violences que génèrent ses propos tenus au JT de 20 heures de France 2 (cf. vidéo) est difficilement compréhensible.

A l’évidence, si de tels faits avaient touché un journaliste, un homme politique de premier plan ou pourquoi pas le fils Sarkozy, la presse aurait trouvé les faits troublants et pas remis en cause la bonne foi de l’intéressé. Etrangement, le traitement réservé à Ségolène Royal est totalement différent.

Et pourtant. Olivier Besancenot est-il un mythomane lorsqu’il a déclaré avoir été victime d’une filature ? Non une enquête de police a confirmé que la vie du leader d’extrême gauche, mais aussi de sa compagne avait été “épiée, disséquée et mise en fiches par une officine de renseignement privée” d’octobre 2007 à janvier 2008. Fantasque Bernard Thibault ? Une enquête préliminaire de police a été ouverte après une plainte du secrétaire général de la CGT, qui avait déclaré avoir découvert du matériel électronique dans son véhicule de fonction. Dans les deux cas, les auteurs des faits, officine ou pas, n’ont pas été identifiés.

Alors, que s’est-il passé au domicile de Ségolène Royal, un simple cambriolage, une banale effraction ? Pas vraiment. Les policiers en charge de l’enquête évoquent une “mise en scène” et une absence de vol. Plus qu’une visite, il y a eu mise à sac et mise en scène. L’avocat de la présidente de région explique qu’il a fallu ranger l’appartement jusqu’à 3 heures du matin entouré par la police. Le procès-verbal du précédent cambriolage d’août 2006 a été déchiré et mis en évidence à dessein, de façon à ce que ce soit repérable, les boucles d’oreilles de sa fille soigneusement déposées sur le lit.

L’appartement de Ségolène Royal a déjà été visité en juillet et août 2006. Le cambriolage d’août 2006 a fait l’objet d’une plainte, classée sans suite en mars 2007. En novembre de la même année, le fils de Mme Royal, Thomas, met en fuite des individus qui tentaient de pénétrer dans l’appartement. On peut effectivement rire de cette suite d’événements ou s’en inquiéter.

Contre vents et marées, Ségolène Royal qui a démontré pendant les présidentielles sa capacité à encaisser les coups, persiste et signe en déclarant que le dernier cambriolage vise à intimider la principale opposante au “clan Sarkozy “. « Je ne dis pas que c’est Nicolas Sarkozy, mais des gens qui se croient autorisés à agir ainsi », a indiqué Ségolène Royal à RTL. La présidente de Poitou-Charentes parle d’officines et de “barbouzes”. « Cela me protège de le dire », avoue-t-elle. Attention effectivement aux raccourcis rapides. La personne de Nicolas Sarkozy n’est pas mise en cause.

Pour autant, tout observateur objectif sait que les entourages, les intérêts qui gravitent autour des puissants constituent une porte ouverte à toutes les dérives. Cela a toujours été le cas sous la plupart des présidents de la Ve république. Les barbouzes, les hommes de l’ombre, ne sont pas des personnages de roman, ils ont existé. Ont-ils totalement disparu ? Il faudrait être un soupçon angélique pour l’avancer.

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42096


"S.Royal cambriolée : Peut-être un fait politique"
envoyé par rtl-fr


Royal : son cambriolage, le clan Sarkozy, Betancourt
envoyé par ZappeurLePost

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42096


                                                               ________________________________________

Et pour complêter: http://antennerelais.canalblog.com/archives/2008/07/10/9885662.html
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Samedi 12 juillet 2008

http://www.radio-canada.ca/jeunesse/leschatouilles/images/ppage/ordi_bonnes_vacances.jpg

Le blog s'arrête jusqu' au 25 août

Bonnes vacances!!!!!!!!!!!!!!

Christophe
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Samedi 12 juillet 2008






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Samedi 12 juillet 2008
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Samedi 12 juillet 2008


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Chers amis
Chers camarades
Amis et "ennemis" de passage...

Je vous salue toutes et tous car je pars en vacances. Et sans ordinateur, volontairement, jusqu'au 25 août. Je sais que c'est un privilège et je souhaite bon courage à celles et ceux qui lundi reprendront le chemin du travail.

Je vous retrouverai donc fin août, avec beaucoup de choses à dire, à faire. Mes vacances seront occupées...

Le Parti Socialiste a besoin, plus que jamais, de transformations en profondeur. Il est à la croisée des chemins et Ségolène Royal, mais d'autres avec elle, souhaitent cette "révolution" interne. Avec elle, elle se fera; sans elle...

N'écoutez pas les oiseaux de mauvais augure qui annoncent sa chute. Il n' y a pas de chute en politique, seulement des combats, longs, difficiles et patients. Vivez la politique en reliant chaque événement les uns aux autres. La France de Sarkozy n'est pas celle du changement, seulement celle de transformations au profit de quelques uns. C'est une France égoïste, repliée sur elle-même et qui a intégré (et appliqué) les idées du Front National comme jamais.

Combattez sur le terrain des idées, jamais des personnes. C'est difficile parfois. Mais c'est nécessaire.

Bon courage à toutes et à tous!
Bonnes vacances à celles et ceux qui en prennent

Et avec elle et le Parti Socialiste jusqu'au bout! (Mais oui!)

Christophe

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Samedi 12 juillet 2008


http://www.decroissance.info/IMG/jpg/1984_photo.jpg

Médecin généraliste en grande banlieue parisienne et auteur de plusieurs
livres remarquables sur le système de santé, Christian Lehmann est très tôt parti en guerre contre la politique de Nicolas Sarkozy en lançant avec quelques confrères l'Appel contre la franchise sur les soins.

Mais c'est aussi, et peut-être d'abord, comme écrivain qu'il a décidé de mener un combat qui s'avère surtout celui des mots, et de leur sens. Romancier aussi doué que polymorphe (on lui doit des livres pour enfants, des polars et des romans tout court), il ne peut se résoudre aux attentats langagiers quotidiens que nous inflige un Président qui use et abuse d'une novlangue politique d'un genre nouveau, propre à détruire tout ce qui constitue habituellement le « sens » d'un discours.

Sarkolangue : c'est le titre de l'essai qu'il vient de faire paraître, critique littéraire et politique à la fois d'une époque où, avec le langage, c'est la vérité qui trop souvent s'embrouille.

Comment peut-on définir la Sarkolangue ?

La Sarkolangue, c'est cette capacité sarkozyste à démentir formellement le lendemain ce que l'on martelait la veille.

Certes, nous nous sommes hélas habitués au fil des années à ce que nos hommes politiques se contredisent, nous mentent, mais la vitesse avec laquelle s'enchaînent dénégations et reniements a atteint aujourd'hui un paroxysme, qui a pour effet collatéral de déstabiliser totalement l'opinion, et de vider les mots de leur sens. Les exemples abondent, chez Nicolas Sarkozy comme chez les seconds rôles.

Nicolas Sarkozy n'est donc pas le seul locuteur de cette novlangue politique ?

Loin de là. Souvenons-nous, par exemple, de Rama Yade fustigeant le 10 décembre 2007 la venue de Mouammar Khadafi à Paris : « Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort. »

Le même jour, la voilà en plein rétropédalage, prise en flagrant délit de Sarkolangue : « Je dis et je redis que le colonel Kadhafi d'aujourd'hui n'est pas le même que celui d'avant... Je n'ai absolument aucune hostilité vis-à-vis d'une visite du colonel Khadafi, à partir du moment où il a renoncé à tout programme militaire nucléaire... Dans ces conditions il vaut mieux parler avec lui plutôt que de le marginaliser ou de le rejeter aux confins du terrorisme.»

Le but : dire tout et son contraire, engranger le bénéfice médiatique d'une fausse posture rebelle, tout en se rangeant à la realpolitik du gouvernement. Jouer sur les deux tableaux lui permettra d'apparaître en couverture du Point sous un jour flatteur : « Rama Yade... la femme qui dit non ». Encore un bel exemple de Sarkolangue. « Rama Yade, la femme qui dit non, puis pourquoi pas, puis d'accord mais un autre jour », aurait moins insulté la vérité des faits.

Un texte de Nanni Moretti sur Berlusconi

Car ce que cache cet exercice de Sarkolangue, c'est la raison de l'agacement de la sous-ministre : «Personnellement, je me retrouve avec une journée des droits de l'homme sur les bras et Khadafi sur le tarmac d'Orly. Donc, pour moi c'est un problème. Mais c'est comme ça, voilà, ça doit être un oubli. »

Le problème majeur de Rama Yade, crûment énoncé ici, c'est le déficit médiatique engendré par le venue du dictateur lybien le jour où la secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme pouvait légitimement espérer poser elle aussi dans Paris Match.

La sarkolangue serait donc devenue le sabir commun aux membres du gouvernement ?

Oui, on pourrait citer aussi bien Fadela Amara considérant « dégueulasse » mais pas «insupportable » au point de démissionner... « l'instrumentalisation de l'immigration »... Mais dans quel gouvernement officie-t-elle ? Quel homme politique a instrumentalisé l'immigration avec plus de constance et de succès que Nicolas Sarkozy ?

Et que dire de la prestation de Martin Hirsch, questionné sur les franchises médicales en direct dans l'émission de Nicolas Demorand sur France Inter par un auditeur, et énonçant fermement : « Est-ce que j'approuverai cette mesure? La réponse est non... J'ai dit il y a quinze jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure », avant de modérer son propos : «Je peux être convaincu mais je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire»...

Et de se renier le lendemain en expliquant avoir été « pleinement rassuré » par les précisions de Roselyne Bachelot et de Xavier Bertrand : en effet, il aurait obtenu l'assurance que la mesure « sera accompagnée des exonérations nécessaires pour tenir compte des situations sociales très dégradées ». Bel exercice de Sarkolangue que ce reniement-express en moins de 24 heures, quand la réalité sociale est tout autre.

En France, le seuil de pauvreté est à 820 euros, et l'exonération n'est accordée qu'aux revenus inférieurs à 610 euros. Concrètement, si les mots ont un sens, cela signifie que les plus faibles, les adultes handicapés, les pauvres, paient les franchises Sarkozy...

Pourquoi avoir choisi de citer, sur la couverture de votre livre, cette phrase prononcée lors de la fameuse conférence de presse du 8 janvier : « Excusez-moi, Monsieur Joffrin, les mots ont un sens... »

Cette phrase a beaucoup fait couler d'encre, parce qu'elle révèle, au-delà de l'erreur d'analyse de Nicolas Sarkozy (une monarchie élective, dénoncée par Joffrin, n'est pas forcément héréditaire), une conception particulière de l'exercice de sa fonction : le plaisir d'humilier en direct. En 2006, Nanni Moretti avait publié un texte étincelant sur Berlusconi, où il décryptait les deux facettes du personnage : « séduire et insulter ».

Ruptures des codes et illusions

Ce propos peut être appliqué à Nicolas Sarkozy, qui, avec les jeunes de banlieue, les syndicalistes, les journalistes, ou encore récemment dans le « off » du plateau de France3, utilise les mêmes méthodes : une fausse connivence basée sur la rupture des codes habituels, une illusion d'intimité basée sur le tutoiement, le contact physique... et qui peut à la moindre contrariété se muer en comportement agressif, menaçant, de chef de meute.

Regardez la vidéo de cette conférence de presse, écoutez le ton du Président à cet instant : «OK... quand ça fait mal, il ne faut pas protester tout de suite, parce que ça se voit. » Nous ne sommes pas dans une conférence de presse, mais dans un match d'improvisation, où l'important pour le Président est de faire taire l'adversaire, si possible en le ridiculisant.

Mais cette sortie sur le sens des mots, venant de Nicolas Sarkozy, m'a paru énorme, au point d'être reproduite en bandeau sur la couverture du livre. Car ce que j'analyse, au-delà du décryptage des petites phrases qui donnent le tournis ou la nausée, c'est selon..., c'est la genèse d'une Sarkolangue, née du couple symbiotique monstrueux Sarkozy-Guaino lors de la campagne présidentielle.

Le premier aurait dû remporter le César de l'interprétation, le second le César de la mise en scène... Le candidat faisant un temps oublier son personnage de trublion agité et bravache (que les Français, amers, déçus, découvrent aujourd'hui avoir élu...) en se glissant dans les mots d'un autre, en usurpant son centre moral et ses valeurs « gaullistes-sociales » au fil de discours doloristes et passéistes sur « la France éternelle qui ne peut pas mourir », à laquelle, transfiguré, le petit homme à la tribune semblait de son corps vouloir faire rempart, dans une posture de martyr...

Vous y décelez l'origine de la Sarkolangue...

Oui, la Sarkolangue est née là, ainsi que cette capacité inédite, jamais vue, à énoncer des valeurs que l'on contredira le lendemain. Rappelons-nous les visites-express au plateau des Glières, les promesses de faire retraite en monastère qui se terminèrent au Fouquet's puis sur le yacht de Bolloré...

Et comme je le décrypte dans le chapitre « Le seul bon résistant est un résistant mort », les péripéties autour de la lecture de la lettre de Guy Môquet amenèrent plus souvent qu'à son tour Henri Guaino, « la plume qui pense », à prendre la parole au nom du Président. Mais cette cascade de reniements en chaîne a atteint une telle ampleur aujourd'hui, sur tant de sujets, les franchises sur les soins, le pouvoir d'achat, les relations avec la Chine, les instituteurs et les curés, que sais-je encore...

Le rôle éminemment politique de Carla Bruni

Toutes ces arguties, toutes ces exhortations véhémentes sur la nécessité des réformes, pour en arriver là. Un président de la République prisonnier de son incapacité à faire coïncider une action politique cohérente avec une Sarkolangue qui a trop longtemps énoncé tout et son contraire, jusqu'à ce que lui-même ne se souvienne plus très bien le lendemain quel mensonge il a énoncé la veille.

Une cour de courtisans terrorisés, tentant vainement de dresser rempart au roi nu en surenchérissant dans l'accumulation de dénégations. Un quarteron de conseillers tentant vainement de donner corps au concept fumeux de « politique de civilisation » griffonné dans un discours au retour du Caire, au point d'inviter Edgar Morin à l'Elysée pour tenter de profiter d'un effet d'aubaine.

Et un peuple d'abord séduit par les promesses, puis abasourdi par les volte-face, enfin ulcéré par l'accumulation de mensonges et de reniements débités à longueur de discours et de communiqués de presse pour retarder l'inévitable... ce jour où la France sarkozyste ouvrira les yeux.

A ce stade de défiance, que penser de la place de Carla Bruni dans ce dispositif ? Peut-on parler de Carlalangue ?

Carla Bruni joue un rôle éminemment politique, en faisant semblant de tout faire sauf de la politique. Servie par une partie des médias, elle livre des "analyses" pleines de "bravitude" sur la situation du monde, commentant sans honte une photo de sans-papiers dans Libération, citant Nietzsche dans une pirouette après avoir, comme Rama Yade (mais en l'espace d'une seule phrase, quel talent...), compati sur le plan émotionnel tout en renvoyant ces questions complexes aux messieurs sérieux, dont le si gentil Brice Hortefeux, dont la tâche, on le sait, n'est pas tous les jours facile...

Carla Bruni, c'est aussi l'enrôlement des artistes, comment opposer un contre-discours, des contre-récits ?

Des artistes, Nicolas Sarkozy en a toujours eu autour de lui. Des pointures de la taille d'une Mireille Mathieu, d'un Christian Clavier, d'un Jean Réno, d'un Doc Gyneco, dont l'ouvrage dédié à la gloire de Nicolas Sarkozy Les grands esprits se rencontrent est un objet-culte...

Avec Carla Bruni, rencontrée chez Jacques Séguéla dans une mise en scène digne de Barbara Cartland, avec Carla Bruni que les journalistes découvrent au côté de Nicolas Sarkozy dans la queue du Mickey quelques heures à peine après que Mouammar Khadafi eut quitté le sol français, les story-tellers communicants de l'Elysée tentent de raconter une histoire inédite.

La captation d'une posture gauche-caviar

Le Président aurait épousé une femme de gauche, et ce serait la preuve qu'il n'est pas l'idéologue libéral de réformes brutales, mais un humaniste loin des anciens clivages droite-gauche aujourd'hui inopérants....

Faut-il faire remarquer que là encore, il ne suffit pas de s'afficher à gauche pour en être ? Et que, victime d'une Sarkolangue mal maîtrisée, Carla Bruni, en s'affichant « épidermiquement de gauche » jusque sur la Une de Libération, dévoile sans s'en rendre compte le pot aux roses ?

Car qu'est-ce que l'épiderme, sinon la couche superficielle de la peau dont la surface est formée de cellules mortes desséchées et durcies qui desquament en lambeaux... Opposer un contre-discours, ce serait donc dénoncer cette captation d'une posture de gauche-caviar très éloignée des réalités sociales, en posant un discours authentiquement de gauche, qui dénoncerait clairement les atteintes à la solidarité, à ce qui fait sens et lien dans une communauté, comme l'avaient fait en 2004 les anciens résistants, devant la destruction annoncée du modèle social né du pacte de 1945.

Nicolas Sarkozy clive, il déchire, c'est une posture qui permet de scinder l'opinion, de désigner un « Autre », coupable phantasmatique. C'est une posture qui permet de remporter une élection, mais qui est désastreuse pour la cohésion nationale lorsqu'on est en position de gouverner.

La question qui se pose à la gauche est donc d'être authentiquement de gauche, et de ne pas reproduire les erreurs du passé, en se positionnant sur le terrain de l'adversaire au nom d'une triangulation mal comprise chère à Tony Blair... Car se positionner sur l'identité nationale et le drapeau face à un Nicolas Sarkozy prêt à toutes les surenchères sur ces sujets, c'est se condamner à ne plus être crédible lorsqu'on aborde les questions qui auraient réellement fait sens pendant la campagne 2007, celle de l'accès aux soins, celle du pouvoir d'achat, celle des conditions de travail.

Le chantier pour la gauche est immense, et très éloigné des querelles de personnes ou d'appareil : c'est de redonner un sens aux mots des politiques. Les artistes peuvent y contribuer, comme le mouvement social, mais c'est aux politiques de faire leur boulot, plutôt que de venir pêcher des icônes médiatiques ou des héros du quotidien dans le vivier culturel et social, le temps d'une motion ou d'une élection.

http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/120708/medecin-et-ecrivain-christian-lehmann-ausculte-la-novlangue-sarkozyenne

 

 

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Samedi 12 juillet 2008


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LE FIL TéLéVISION
- Inexistant jusqu'à présent sur la réforme de l'audiovisuel public, le parti socialiste sort de sa réserve et demande la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance des médias. Ségolène Royal avait lancé les hostilités la première.

Il aura fallu un peu de temps pour que le parti socialiste se mobilise sur la nature de la réforme de l'audiovisuel public initiée par Nicolas Sarkozy et son corrélat, à savoir les cadeaux faits aux chaînes privées. C'est Ségolène Royal qui a ouvert le bal avant-hier soir au 20h de France 2 : « Il y a un rapt, un vol sur la publicité de France 2 et de France 3 pour enrichir les amis de M. Sarkozy, messieurs Bouygues, Lagardère et Bolloré (1), qui s'apprêtent, en plus, à se positionner pour la privatisation d'EDF et d'Areva. Est-ce normal (...) au moment où il y a une crise énergétique ?, s'est interrogée l'ex candidate à la présidentielle. Ma réponse est non. » Une conclusion en bonne partie inspirée par la lecture d'un article du Monde diplomatique paru ce mois-ci et intitulé « TF1 ou la parabole de Frankenstein. » C'est en tout cas ce qu'on appelle y aller bille en tête.

 Hier, c'est Julien Dray qui en a remis une louche. « Les responsables de la majorité doivent éclaircir les rapports qui sont entretenus avec les grands groupes de médias, ainsi que les services qui leur sont rendus par la restructuration en cours du service public de l'audiovisuel », a ainsi déclaré le porte-parole du PS. Au-delà de la réforme du service public de l'audiovisuel, on voit bien que le PS veut sensibiliser l'opinion sur la mainmise, réelle ou supposée, de Nicolas Sarkozy sur une bonne partie des médias en France.

Des déclarations qui, finalement, ont fait figure d'amuse-gueules avant le plat de résistance, concocté par les sénateurs socialistes : demander la mise en place une commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance des médias. C'est ce qu'a demandé au nom de son groupe le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, afin que celle-ci puisse enquêter « sur les liens existant entre le pouvoir exécutif et des entreprises gérant des organes de presse et des services de communication audiovisuelle ainsi que sur leurs conséquences pour l'indépendance et le pluralisme de la presse et des médias ». Rien de moins.

« Il n'est pas de jour où l'on n'apprenne la remise en cause de cette si nécessaire indépendance », justifient les sénateurs socialistes, notant que « des journalistes révèlent dans des livres ou dans d'autres publications les pressions dont ils ont été l'objet », sans toutefois citer d'exemples précis. Pour achever leur démonstration, les élus PS jugent ainsi plus que sévèrement l'intention de Nicolas Sarkozy de nommer le futur président de France Télévisions, qui  « rappelle les pires heures du ministère dit de « l'information » et témoigne d'une claire volonté d'instaurer une subordination entre le pouvoir exécutif et les organes de direction des télévisions publiques ».

Si la création de cette commission n'a aucune chance d'aboutir, cette sortie en force des socialistes contre la « berlusconisation » du paysage médiatique français sous l'ère Sarkozy a toutefois le mérite de mettre sur la place publique ce qui fut longtemps un tabou, y compris au sein des rédactions. Ironie de l'histoire, ils reprennent aussi, consciemment ou non, l'un des thèmes de campagne de François Bayrou.(1) Martin Bouygues est propriétaire de TF1 et LCI,

Arnaud Lagardère de Europe 1, “Paris Match”, le “JDD”, “Elle”... et Vincent Bolloré de Direct 8, Direct Soir et “Matin Plus”.

 http://television.telerama.fr/television/le-ps-en-guerre-contre-les-grands-groupes-de-medias,31392.php

                                    ______________________________________________________

Et de l' institut de sondage CSA à 100/100 depuis avant-hier...

Mais attention: interdiction absolue d'émettre le moindre doute, le moindre soupçon. Il faut tout avaler, assis devant vos fauteuils... Pas d'esprit critique! Sinon, vous allez entendre l' UMP au complet vous sermonner!

Christophe

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Samedi 12 juillet 2008


http://blogs.rtl.fr/aphatie/public/ancien_blog/media/images/0001004/1004108.jpg
François Rebsamen, maire socialiste de Dijon et proche de l’ex-candidate

Après la polémique causée par les propos de Ségolène Royal, évoquant un «rapport» entre le fric-frac à son domicile et sa virulente dénonciation du «clan Sarkozy», François Rebsamen, maire PS de Dijon et proche de l’ex-candidate, revient sur l’affaire et ses derniers développements.

Que pensez-vous de cette nouvelle piste de la cambrioleuse de l’Est ?

Je constate qu’en s’exprimant, Ségolène Royal a fait bouger le dossier puisqu’on a identifié, semble-t-il très rapidement, l’auteur du vol de 2006. Après un cambriolage et deux mises à sac successives, il était temps que l’on ait, de la part des pouvoirs publics et du gouvernement, autre chose que des insultes.

Le «rapport» établi entre les faits et la dénonciation, par Ségolène Royal, de «la mainmise du clan Sarkozy» n’étaient-ils pas, en l’absence d’éléments matériels, aventureux ?

Absolument pas. Elle a évoqué une curieuse coïncidence car il y a eu, effectivement, répétition des faits, et qu’outre son domicile, certains de ses collaborateurs ont vu leurs appartements fouillés ou mis à sac. Elle ne pouvait donc que s’interroger sur les liens entre ces éléments et les attaques qu’elle portait au clan Sarkozy. Ce qui ne veut pas dire que Nicolas Sarkozy est responsable de ces faits. Mais certains se sentent peut-être concernés quand on attaque Nicolas Sarkozy. Tout est possible. Ce que nous voulons, c’est la vérité sur ces affaires.

Selon vous, pourrait-elle apparaître rapidement ?

On l’espère. Boulogne-Billancourt est une ville des Hauts-de-Seine plutôt calme. Ce n’est pas tous les jours qu’on y visite des appartements de cette façon.

Comment jugez-vous les réactions de la majorité aux propos de Ségolène Royal ?

Déplacées, insupportables, indignes d’une démocratie apaisée. Il est intolérable qu’une responsable de l’opposition, candidate à la présidentielle, victime de tels actes ne reçoive pas plus de signes de la part du gouvernement. Je ne parle même pas d’une phrase de compassion, mais d’une simple déclaration publique indiquant que tout sera mis en œuvre pour retrouver les auteurs. Si, sous Mitterrand ou Jospin, les domiciles de Chirac ou Sarkozy avaient été visités à trois reprises, l’UMP ou le RPR auraient demandé des comptes. D’ailleurs, quand on voit les moyens de police scientifique employés pour retrouver le scooter volé de Jean Sarkozy, on peut penser que, quand on y met les moyens, on retrouve les auteurs.

Au-delà, cette affaire ne met-elle pas en questions la virulence de l’expression de Ségolène Royal vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ?

Nous vivons dans une nouvelle forme de démocratie, qui s’apparente à une monocratie. La concentration des pouvoirs médiatiques, financiers, économiques dans les seules mains du président de la République oblige à hausser le ton pour se faire entendre. On ne peut à la fois reprocher à Ségolène Royal de parler fort et à la gauche d’être inaudible.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/338694.FR.php

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Samedi 12 juillet 2008



L
e ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a annoncé, vendredi 11 juillet, que le taux de réussite au baccalauréat 2008, toutes filières confondues, est de 83,3 %, soit le même chiffre qu'en juillet 2007, qui avait établi un record.

M. Darcos a précisé que "compte tenu des évolutions démographiques, 63,4 % d'une génération obtient le baccalauréat, contre 63,6 % l'année dernière". Dans le détail, le taux de réussite 2008 pour le baccalauréat général est de 87,8 % (contre 87,6 % en 2007), de 80,2 % pour le bac technologique (contre 79,5 % l'an dernier) et de 76,6 % pour le bac professionnel (contre 77,9 % en 2007).

Dans la filière générale, "la réussite augmente" pour les séries littéraire, avec 1,8 point de plus, et scientifique, avec 0,7 point de plus. En revanche, pour la série économique et sociale, le taux de réussite a diminué de 1,5 point par rapport à la session 2007.


http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2008/07/11/le-bac-2008-a-fait-aussi-bien-que-le-bac-2007_1072751_3224.html#ens_id=1054958

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